Comment l’optimisme agit sur notre quotidien

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Être heureux n’a pas de prix, je pense que l’on est tous d’accord sur ça. Dans cet article, je ne vais pas vous donner de recette miracle au bonheur, pour la simple et bonne raison qu’il n’en existe pas. Néanmoins, il y a quelque chose qui peut être utile dans notre vie de tous les jours : l’optimisme. Et oui, cette notion qui paraît souvent utopique permet de voir la vie du bon côté, de se contenter des petites choses et de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide ! Ici, je vous explique l’histoire de ce concept et ses effets.

L’optimisme fait fureur en ce moment. Cette doctrine philosophique selon laquelle « le monde est bon » s’affiche partout sur les unes des magazines. Des « Ligues d’optimistes » sont d’ailleurs apparues un peu partout dans le monde, organisant des dîners pour rassembler ses adeptes ; et un printemps de l’Optimisme a lieu chaque année à Paris et Bruxelles. Pourtant, cette notion reste assez floue pour le commun des mortels, perçue comme un concept imaginaire destiné aux penseurs et philosophes. Détrompez-vous, l’optimisme a bien des vertus qui peuvent influencer notre réussite et notre santé.

– L’optimisme ou la bête noire du 19ème siècle –

Tout d’abord, sachez que l’optimisme n’a pas toujours fait l’unanimité. De nos jours, c’est souvent qu’on entend des phrases telles que « Vois le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide », « vois la vie en rose », « souris à la vie » etc. Ce genre de remarques est bien typique des temps modernes et montre l’évolution de notre société et de ses mentalités car elles n’étaient pas du tout les mêmes au 19ème siècle.

Rappelez-vous les cours de Français au collège et au lycée (et oui, cela sert parfois à quelque chose). Dans son Dictionnaire des idées reçues, Flaubert associait Optimisme et Imbécillité.

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Aussi, dans Candide, Voltaire illustre l’optimisme à travers son personnage Pangloss, ce philosophe ridicule selon lequel « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Aujourd’hui encore, les optimistes sont parfois qualifiés de naïfs qui se voilent la face. Essayons de comprendre – de manière positive cette fois – les motivations des optimistes.

– Les optimistes, ces warrior –

Pour cela, prenons l’exemple de Charles Martin-Krumm, enseignant chercheur en psychologie, qui prend le contre-pied de ces accusations en décrétant :

« Il faut arrêter d’associer cette qualité à de la béatitude. Ces personnalités, très aux prises avec la réalité, affrontent autant d’échecs que les autres mais rebondissent. Il ne s’agit pas pour elles de voir la vie en rose par pure idéologie mais par goût de trouver des solutions. Et du challenge. ».

On en déduit alors que ce qui distingue les pessimistes des optimistes, c’est certainement que ces derniers sont plus persévérants et imaginent des solutions à leurs problèmes. En 2012, ce même enseignant a mis en place un test pour vérifier ces affirmations. Il a soumis des sportifs professionnels à un premier exercice très difficile, auquel les sportifs allaient obligatoirement échouer. Ensuite, il leur a proposé un second exercice plus facile, sans prévenir les cobayes de ce changement de difficulté. Résultat ? Les optimistes réussissaient alors que les pessimistes échouaient.

En fait, tout repose sur l’interprétation des événements qui nous arrivent. Quand un événement positif survient, il faut savoir s’attribuer le mérite, se sentir responsable de sa réussite. Au placard les « j’ai réussi ce devoir car il était facile », bonjour les « j’ai travaillé, je m’en suis donné les moyens ».

– Les effets de l’optimisme sur la réussite et la santé –

D’ailleurs, notre état d’esprit a une influence non négligeable sur notre réussite et notre santé. Être bien dans ses baskets a un effet boule de neige, si vous voyez ce que je veux dire. Une étude a récemment prouvé que les optimistes vivent plus longtemps. Ceci est principalement dû à leur hygiène de vie car ils sont moins dépendant du tabac ou de l’alcool, pratiquent une activité sportive et mangent mieux. Bien sûr, voir la vie en rose n’est pas un remède miracle assurant l’immortalité. Mais quand les maladies surviennent, les optimistes se montrent plus combatifs et ils récupèrent plus rapidement. Aussi, dans la vie quotidienne, les optimistes ont plus confiance en eux, ce qui les pousse à agir plutôt qu’à subir. Enfin, l’optimisme a un côté relaxant du genre « pourquoi s’inquiéter alors qu’à tout problème il y a une solution ? ».

– Les effets négatifs d’un optimisme démesuré –

Attention quand même, car l’optimisme a ses limites. « Parmi les optimistes, 5 % sont trop optimistes et peuvent développer des conduites à risques avec l’alcool, le tabac, les drogues ou la vitesse » affirmait Charles Martin Krumm. Il faut donc, comme toute chose, trouver le juste milieu entre pessimisme et optimisme.

En fait, un peu de pessimisme permet de se protéger de la déception. Ne pas trop espérer que de bonnes choses nous arrivent pour ne pas être déçu si elles ne viennent pas. Je pense qu’on en a tous déjà fait l’expérience : refuser de s’attacher à quelqu’un, ne pas accorder sa confiance à n’importe qui, ou – plus fréquemment – penser avoir raté un examen pour être content lorsqu’on a une bonne note. « Le pessimisme est aussi un moyen de préserver l’espèce. La peur, la colère ou l’angoisse ont permis à l’homme de s’éloigner des sources du danger » disait Barbara Fredrickson, professeur de psychologie. Être pessimiste ne signifie pas obligatoirement être dépressif mais réaliste. Le pessimiste s’accroche aux vérités et ne les nie pas contrairement à l’optimiste qui lui, se satisfait de petites choses.

– Le pessimisme à la Française –

Gallup International a réalisé un sondage dans 51 pays, les classant selon l’optimisme de leurs habitants. Et bien figurez-vous que la France s’est retrouvée dernière du classement ! Selon Claudia Senik, professeur à l’université de la Sorbonne, cela serait majoritairement dû au système scolaire qui donne trop d’importance aux notes et ne valorise pas assez le travail d’équipe ou la créativité. Elle explique comment le système français est trop prudent face à l’échec en donnant l’exemple des Etats-Unis où l’état d’esprit est le suivant : on essaye, on tombe, on se relève. Les échecs construisent la réussite. En France, « on nous enseigne à avoir l’esprit critique, à remettre en cause ce qui existe. Nous sommes le seul pays à opter pour la dissertation : thèse, antithèse, synthèse. Les autres se contentent d’aller d’un point A à un point B ; s’il n’y a pas d’obstacle ce n’est pas un souci. » remarque Philippe Gabillet, professeur à l’ESCP Europe.

Il reste donc à choisir son camp : soit focaliser sur la vie telle qu’elle est, sa finitude et ses souffrance ; soit être conscient de nos vies privilégiées et savourer le soleil qui brille derrière les nuages. Personnellement, je pense que personne n’est blanc ou noir, optimiste ou pessimiste. Nous sommes justes plus ou moins gris. L’intérêt est simplement d’avoir conscience de nos privilèges et des souffrances de la vie qui sont, malheureusement, inévitables.

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