Urbex : origines et exploration d’un lieu abandonné

urbex albi

L’exploration urbaine est un véritable phénomène de mode. L’ urbex (de l’anglais Urban Exploration) consiste à visiter des lieux urbains abandonnés, généralement interdits d’accès. Complètement fan de cette pratique mêlant adrénaline, art et histoire, j’ai moi aussi voulu tenter l’expérience en allant dans un lavoir à charbon désaffecté.

L’évolution de l’ urbex au fil des ans

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Il faut savoir que même si le succès de l’urbex ne date que de quelques années, la première personne à pratiquer l’exploration urbaine était Philibert Aspairt, un parisien qui s’est rendu dans les catacombes de Paris en 1793… et n’en est jamais ressorti ! Il a été retrouvé 11 ans plus tard, identifié par un trousseau de clé qu’il portait à sa ceinture. Sympa l’intro.

Ensuite, des noms familiers comme les poètes dadaïstes Paul Eluard ou André Breton ont organisé une expédition dans une église Parisienne en 1921. Leur objectif était d’aller à contre-courant des guides qu’ils trouvaient incompétents et de faire visiter des endroits auxquels personne n’aurait pensé.

On ne peut pas dire que ce soit Philibert Aspairt qui ait lancé la mode de l’exploration des catacombes puisque son histoire a fait frissonner les parisiens. Ce n’est donc qu’à partir des années 60 que la visite des catacombes va se démocratiser avec le mouvement des « cataphiles ».

Aux USA, c’est le métro New-Yorkais qui attire les curiosités aux 20ème siècle mais se solde par de nombreux accidents.

Quant au terme « urbex », celui-ci vient du pays des caribous. Le canadien Jeff Chapman alias « Ninjalicious » a inventé cette contraction de l’anglais « Urban Exploration » et a vraiment lancé le mouvement. En 1996, il créé un magazine ainsi qu’un site internet dédiés à sa passion.

L’urbex : pour quoi faire ?

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Parmi les lieux favoris des « urbexers », on trouve principalement des usines, églises, réfectoires, écoles ou hôpitaux. Mais il y a aussi d’autres lieux insolites comme des aéroports, des bateaux, châteaux, hôtels, orphelinats, parcs d’attraction, villes fantômes, etc. Certaines personnes parcourent l’Europe pour s’y rendre !

Les spots d’urbex sont difficiles à trouver et à pénétrer puisqu’ils sont interdits d’accès. Bien que largement pratiqué, vous comprenez que cela reste une activité clandestine : il s’agit de lieux privés et dangereux. Pour éviter les visites mal intentionnées, la principale règle de l’urbex est de ne pas dévoiler les adresses des lieux. Si vous souhaitez vous rendre dans le lavoir à charbon que je vous présente dans cet article, vous trouverez l’adresse facilement sur Internet.

Les personnes qui pratiquent l’urbex peuvent avoir des motivations totalement éloignées les unes des autres. Moi, par exemple, j’ai été attirée par la curiosité, l’adrénaline et la photographie. Je m’explique.

J’ai tout d’abord été inspirée par des photos d’explorations urbaines magnifiques sur Instagram, puis par des vidéos vraiment intéressantes sur YouTube. Si vous souhaitez que je fasse un article sur les urbexers que je suis, n’hésitez pas à me le dire en commentaires ou à me contacter en privé 😊 Ces contenus plus ou moins originaux ont vraiment attisé ma curiosité. Et tel un mouton dans sa bergerie j’ai suivi la tendance !

Ensuite, je voulais expérimenter le fait de s’introduire dans un lieu abandonné, interdit d’accès et dangereux. En entrant dans ce lavoir, j’aurais pu faire de mauvaises rencontres, être interpellée pour violation de lieu privé ou avoir un accident dans ce lieu totalement délabré. Avant de faire de l’exploration urbaine, il faut être pleinement conscient de ces risques. Alors vous me direz « mais pourquoi faire de l’urbex ? ». Et bien pour ressentir un peu d’adrénaline. Dans cette société privilégiée dans laquelle j’évolue, éprouver de la « peur » n’est pas quelque chose d’habituel. Le côté « aventurier transgressif » attire.

Enfin, je souhaitais pratiquer ma passion de la photographie sur un nouveau terrain de jeu. Appréhender l’architecture du bâtiment et la façon dont il s’est dégradé, à cause de l’usure, du temps ou des vandalisassions ; et exploiter la reprise de la nature sur ce qui lui appartenait autrefois. Je suis plutôt contente des photos d’urbex que j’ai prises, et cela m’encourage à faire de nouvelles explorations urbaines à Toulouse !

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D’autres pratiquants de l’urbex ont une approche plus historique : ils tentent de retrouver l’histoire du lieu et de comprendre son évolution à titre purement informatif.

L’histoire d’un lavoir à charbon désaffecté

Pour ma première exploration urbaine en région Toulousaine, je me suis rendue dans un lavoir à charbon à quelques kilomètres d’Albi (à une heure au nord de Toulouse).

J’ai effectué quelques recherches sur ce lieu (l’urbex ressemble aussi à un jeu de piste à grande échelle) et je vais vous raconter l’histoire de ce bâtiment abandonné, plutôt intéressante.

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Tout d’abord, il faut savoir que les lavoirs à charbons sont apparus au milieu du 19ème siècle. Construits à proximité d’une mine, ces bâtiments permettent de transformer le charbon brut en produit commercialisable. Au cours de ce processus, les ouvriers du lavoir trient, calibrent et lavent le charbon.

Une fois l’extraction terminée, les lavoirs sont abandonnés. En France, seuls 4 lavoirs sont encore visibles !

Au début du 20ème siècle, près de 3500 mineurs travaillent sur l’exploitation et 500 000 tonnes de charbons étaient extraites par an.

A la fin du 20ème siècle, l’activité générale décline et les puits ferment les uns après les autres. Le 30 Juin 1997, la mine de charbon signe son arrêt définitif.

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Aujourd’hui, la mine a été reconvertie en base de loisirs. L’irrégularité du terrain est exploitée pour une multitude de sports. Quant au lavoir, vous l’avez vu, il a été racheté par une société de fabrication industrielle mais reste à l’abandon.

Ce géant de 7 étages est dans un tel état de dégradation qu’il met en péril la sécurité de ses visiteurs. Les sols des étages sont très fragiles, on peut passer à travers le plancher à tout moment. Il faut vraiment faire attention où on met les pieds. Un conseil, ne faites jamais de l’urbex sans être accompagné.

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Finalement, j’ai adoré faire de l’urbex. Evidemment, c’est une activité que je ne peux pas vous recommander car elle est illégale et dangereuse. Mais si vous êtes un brin aventurier et que vous n’avez pas l’intention de dégrader les bâtiments, rien ne vous en empêche ! 😉

Si vous voulez en savoir un peu plus sur l’urbex, voici une interview de Raphael, fondateur du site Urbex Session : http://rmc.bfmtv.com/emission/qu-est-ce-que-l-urbex-achaque-fois-qu-on-pousse-une-porte-j-ai-peur-de-tomber-sur-un-cadavre-1132541.html

Si vous avez déjà fait de l’urbex, n’hésitez pas à partager votre expérience en commentaires ! 😉

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9 commentaires

  1. C’est un mouvement photographique que j’adore, je ne sais pas pourquoi ces endroits abandonnés plein de mystères me fascinent, on s’imagine un peu toutes les histoires qui ont pu s’y passer!

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